200 km en ski de fond?

L’aventure à commencé cet automne. J’étais à la recherche d’un objectif pour me bouger un peu pendant l’automne et l’hiver. Je crois que le défi de faire 200 km de ski de fond était suffisant!

Je soumets le projet à mon frère qui me fait vite comprendre qu’il n’est pas spécialement intéressé mais qu’il fera un assistant de choc. Je demande en toute logique à Alexandre Dimitriou si il veut tenter l’aventure. Septique pendant une minute il ne peut pas refuser un défi… Pas lui. Nous voilà inscrits en novembre.

Un curieux mélange de curiosité et de crainte s’installe. Peut on prendre du plaisir à skier avec plus de 100km dans les jambes? Est ce réalisable avec des conditions de neige difficiles? Bref tout ce qu’il faut pour établir un programme d’entraînement! Le tableau excel est de sortie, retour du ski à roulette, séances de renfo musculaire, endurance force, les cycles de volume et d’intensité sont fixés jusqu’à début mars… Avec ça si je ne suis pas en forme! Le plan attaque le 17 novembre. Je m’y tiens jusqu’au 3 décembre! Le ski roue c’est chiant et la neige n’arrive pas. UnRegain de motivation la dernière semaine de décembre avec de bonnes conditions dans le jura… Avant un rude retour dans le Forez début janvier. Pas de neige, pas de sport pendant 10 jours. La neige reviens juste à tant pour skier un peu avant l’envolée nordique et la transju. A l’arrivée de la transju je demande à Alex si il croit vraiment que l’on va prendre le départ de la GTJ200? Il est catégorique. Il me reste un mois pour skier.

Au départ du prologue vendredi après midi on est content d’être au départ avec l’incertitude de boucler l’aventure. La stratégie est claire, économie maximale dans les montées et on laisse filer sur les profils descendants. C’est parti pour 15km sans échauffement. Au bout de 500m je me fais remuer « on se traîne là »! Du coup on accélère progressivement tout au long de ces 15km bouclés en 45 minutes. On se dit qu’il ne faudra pas s’enflammer le lendemain!

GTJ200

GTJ200 5A 4h00, heure du départ on est encore dans la voiture (un peu de mal à décoller de chez Markus que l’on remercie pour l’accueil). Heureusement il y a un peu de retard. Le départ est pris! Dès l’entrée dans le bois au dessus du village de Giron je laisse partir les équipes devant nous pour prendre notre petit rythme. Les équipes de derrière s’en contentent, une dizaine nous suivent. Un seul exité passera devant à la borne au lion en beuglant. Je vois qu’il a une frontale de misère. Je coupe mon spot, sans dire un mot et dans la seconde qui suit Alex coupe le sien. Le gros malin ne connait visiblement pas le coin, après 100m il ne sait plus où aller et repasse derrière. On se relaie jusqu’à la Simard sur ces pistes que l’on connait bien. La lune est splendide, on voit les montjura, le fond est dur, ça glisse, fabuleux.

Après le premier ravito on enchaîne avec le levé du jour et de super lumières sur les platières et en montant le massacre. On arrive vite à la Darbella  (second ravito) puis dans la vallée de l’orbe où la bise se fait sentir. Arrivé à Bois d’Amont il fait froid. On prend le temps de se ravitailler, la montée du risoux nous réchauffera. On se sent vraiment bien tous les deux et on profite des conditions, Bellefontaine, Chapelle, pré poncet… Tout s’enchaîne sans encombre. Dans la dernière montée avant chez Liadet je commence à sentir une légère fatigue dans les jambes. On vient de franchir la barre des 100km! Un bon ravito et nous voila reparti à l’assaut du Mont d’Or.

GTJ200 2

Ce que je redoutait se vérifie, même si c’est très beau, à ce moment de la course les successions de montées font mal. 650m de D+ en 10 à 12 km. Arrivé à Métabief on est fatigué. Comme souvent je ne tolère plus la boisson énergétique et les barres sucrées. Je prends toujours du plaisir dans les plats et les descentes mais les montées sont difficiles. Je sens que je me déshydrate et que je manque d’énergie mais je n’arrive pas à manger. Au delà des forces qui baissent la neige chauffe et glisse moins bien. La vitesse chute. On continue à discuter. Depuis le Lycée à Pontarlier je n’avais plus skié dans ces coins. Les souvenirs de « jeunesse » reviennent en passant à la seigne, sur la rouge des fourgs, les prises, les Cernets… Sauf qu’entre les prises et les Cernets il y a les Verrières! Et là c’est horrible. Il faut descendre à pied dans le bois et remonter un mur de 2km plein soleil dans de la soupe terreuse. Heureusement qu’Igor nous attend entre les deux pour nous ravitailler et nous remonter le moral.

GTJ6On continue notre bonhomme de chemin. On a fait plus de 160 km. En bas d’un bonne descente on retrouve Igor venu à notre rencontre à ski. Il nous prévient qu’avant le ravito la bosse pour aller au Chateleu est sévère. Le pied de la montée est tout en dévers. J’ai mal aux pieds et au dos. Je déchausse pour marcher sur 300m. A la traversée de route quelqu’un a laissé une boite avec des cookies et des chouquettes (en fin un truc qui a bon gout). La suite de la montée se passe bien. Un petit ravito et on sait que l’on est au bout. Le dernier ravito est annoncé km 177 et l’arrivée km 185. En repartant du ravito un brave monsieur me dit qu’il nous reste 14km. Je lui dis qu’il n’en reste que 8. Il insiste et à l’air sur de son coup. Merde! Il nous rassure en nous disant que l’on est plus frais que les équipes précédentes… Sympathique! Le soleil devient rasant et la neige retend ça glisse de nouveau même si les fausses traces sont piégeuses. La fin est plutôt facile même si la chute était proche dans la dernière descente.

 

 

GTJ200 4194 km à la montre et plus de 4000m de d+ pour 14h39 d’effort. Une super aventure avec Alex et Igor. Un grand merci à tout ceux qui sont venus nous encourager. Les conditions pour faire cette traversées étaient idéales. La saison estivale va pouvoir commencer avec le moral et peut être la frite!

Aloïs

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2 réponses

  1. Gaët dit :

    Bravo les cocos! Ca me parait encore surhumain une distance pareil. 20 bornes m’épuisent déjà tellement, j’imagine pas 200!
    A très vite!

  2. Thierry dit :

    Ca donne envie d’y aller. Mais bon 200km de ski de fond cela me semble compliqué.
    Félicitation à vous deux pour cette belle aventure.

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